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(Saint) Clément dAlexandrie (IIe siècle),
Protreptique, II, 34, 2-5 :
« [2] ... cest le monde entier quont
déshonoré les concours et les phallus consacrés à
Dionysos, cette peste qui a envahi les murs. [3] Dionysos désirait
vivement descendre chez Hadès, mais ignorait le chemin ; un
certain Prosymnos promet de lui expliquer, mais contre salaire, un salaire
qui navait rien de beau, sinon pour Dionysos : on lui demandait
de se prêter aux plaisirs de lamour. Le dieu volontiers accueille
la demande, il promet dy répondre sil revient, et confirme
par serment sa promesse. [4] Renseigné, il séloigne ;
il revient et ne trouve pas Prosymnos (qui était mort) ; pour
sacquitter envers son amant, Dionysos se rend, plein de désirs
impurs, à son tombeau. Il coupe, au hasard, une branche de figuier,
lui donne la forme voulue, et sen sert pour remplir, à légard
du mort, sa promesse. [5] Cest afin de rappeler mystérieusement
ce fait que dans les villes on dédie des phallus à Dionysos.
(...) »
Firmicus Maternus (IVe siècle), lErreur
des religions païennes, XII, 4 :
« Est-on inverti ? Cherche-ton à soulager les exigences
dun corps efféminé ? Il nest que de voir
Liber [Bacchus] qui paie à son amant (et même après
sa mort) le montant du plaisir promis, par un simulacre dunion infâme. »
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Ci-dessus, skyphos de la période archaïque ( 510-500),
figure noire attique attribuée au peintre Theseus.
A gauche, détails dun sarcophage romain conservé
au musée archéologique Farnese de Naples.
Alors quun voile est tendu par un jeune homme, une (future ?)
bacchante devant lhermes ithyphallique aux bras coupés saupoudre
un foyer où lon peut reconnaître une pomme de pin et
un pavot.
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Ci-dessus, relief consérvé au musée des Thermes
à Rome. Jai relevé des représentations de la
scène sur trois autres reliefs, en tous points identiques, dont
celle au musée archéologique Farnense de Naples, ci-dessous.
La lame 15 le Diable du tarot de Marseille semble
avoir gardé le souvenir de linitiation figurée sur
la stèle ci-dessus, avec ces deux personnage attachés. Ces
statues ithyphalliques ont en effet la particularité dêtre
sur un socle cylindrique.
Cependant, lïmage, outre la coloration chrétienne,
paraît également avoir fondu en une seule figure le personnage
ithyphallique et la daimon ailée de Pompéi (voir plus bas)
qui accompagne la scène avec ce xoanon, donnant un caractère
féminin et des ailes au Diable du tarot. La nature mi-animale mi-homme
des deux personnages attachés rappelle également le faune-satyre
du sarcophage romain ci-dessus. Enfin, la torche dans la main du diable
est, à Pompéi, posée sur lépaule de
la bacchante.
Autant des détails qui permettent de reconnaître
la source bachique malgré ses altérations et la réinterprétation
chrétienne.

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