Périsphinctinés

[Périsphinctacés]

Généralités

Le « type » du Perisphinctes est celui figuré par Alcide d'Orbigny (illustration ci-dessus) dans La Paléontologie française (voir bibliographie) sous le nom d'Ammonite biplex. Bien que deux Perisphinctes différents aient servi de modèle à l'illustration, il s'agit essentiellement d'un exemplaire de Perisphinctes martelli venant de la Haute-Marne, où les tours intérieurs ont disparu (il ne reste que l'empreinte) et qui est, selon les spécialistes, un individu juvénile, mort prématurément. De plus, la loge d'habitation est incomplète sur le type, mais la définition de l'espèce a fini par être précisée par M. Enay, nous y reviendrons plus tard, à la présentation de cette espèce, quand elle sera prête. Car voici encore un élément pour compliquer la détermination et la classification des ammonites : les individus ne sont pas forcément morts au même stade de leur vie...

Properisphinctes bernensis

A la fin du Callovien, la famille des perisphinctidés, avec les premiers Perisphinctes sensu lato, les périsphinctinés, s'individualise de celle des grossouvriinés. Pour ce qui concerne ces premiers périsphinctidés des zones à lamberti et mariae (ci-contre, diam. : 3,5 cm), dans les argiles de Dives ou dans les argiles de Villers, malheureusement (c'est aussi le cas dans les marnes à Creniceras renggeri du Jura) on ne récolte que des petits nucléus. Certains exemplaires microconques complets ont néanmoins été récoltés en Angleterre. Depuis les travaux de De Loriol au début du siècle sur les faunes du Jura, aucune révision de ce groupe sur cette période zone à Q. lamberti-zone à C. cordatum n'a été entreprise ou n'est en cours. On avait retenu deux sous-genres, Alligaticeras et Properisphinctes, mais W.J. Arkell doute qu'il faille ainsi séparer les formes un peu plus rondes de celles un peu plus quadratiques.

Alligaticeras alligatum, d'après la figuration d'Arkell dans le « Moore ».

Orientation des côtes
(d'après Hantzpergue)

a : côte prorsiradiée
b : côte rectiradiée
c : côte concave
d : côte convexe
e : côte flexueuse
f : côte génicilée
g : côte rursiradiée

Quant aux représentants de l'Oxfordien moyen et supérieur, ils font depuis de nombreuses années l'objet d'intenses recherches. Pour n'en citer que quelques-uns de ceux qui se sont attelés à la tâche, citons ­ parmi ceux auxquels je me suis référé pour ce site (la liste est loin d'être close) ­ d'abord, en Angleterre dans les années 30, W.J. Arkell ; en France, MM. Maubeuge et Enay ­ sur l'est du bassin de Paris, le Jura et la Pologne principalement ­ ou encore MM. Cariou et Hantzpergue, en Charente-Poitou, sans pour autant arriver, semble-t-il, à définir avec précision et certitude les contours des différentes espèces...

Concernant les formes normandes, je n'arrive pas encore à les rattacher, à quelques rares et remarquables exceptions, à celles décrites et figurées par Enay (voir bibliographie) dans son étude sur le perisphinctidés oxfordiens du Jura, à moins de faire preuve d'un certain laxisme, qui m'amène alors à pouvoir mettre plusieurs noms différents, selon la hiérachie des critères retenus... Après avoir fait part de mon embarras à cet éminent spécialiste qui a consacré sa vie à l'Oxfordien et à ses Persiphinctes, voici ce qu'il m'a répondu :

Types de côtes primaires
(d'après Hantzpergue,
voir bibliographie)

1 : parabolique
2 : à épaississement latéro-dorsal
3 : paulostome
4 : géminée

5 : palmée
6 : à division virtuelle
7 : cunéiforme

8 : tuberculée
9 : bulla noduleuse
10 : bulla étirée
11 : bulla crêtée et concave
12 : bulla tuberculée

    « Je ne suis pas autrement surpris de ce que vous m'écrivez concernant la correspondance imparfaite entre vos exemplaires normands et ceux décrits du Jura français. D'abord, sont-ils exactement du (des) même(s) niveau(x), quand bien même ils seraient dans le même (grand) intervalle de temps d'une même zone ? Il est généralement difficile d'en apporter la preuve et, d'ailleurs, les exemplaires que je figure ou décris, provenant de localités différentes, sont eux-mêmes de niveaux différents dans une même zone ou sous-zone, ce qui relativise cette question de l'âge des deux populations.
    « Plus vraisemblablement, il pourrait s'agir d'une variabilté locale-régionale des populations normandes. J'ai déjà pu faire le même constat avec des formes d'autres régions (Pologne, Bourgogne), et il pourrait être intéressant de faire une étude comparative des populations régionales pour en dégager les caractéristiques propres à chacune. Mais, jusqu'ici, une des difficultés était de réunir des populations à la fois nombreuses et bien situées stratigraphiquement de ces grands perisphinctidés.
    « Déjà, j'ai dû admettre une certaine variabilité des espèces dans les populations étudiées, par exemple chez Perisphinctes parandieriou Perisphinctes martelli. Et, concernant cette dernière espèce, je me suis résolu à en séparer Perisphinctes andelotensisque parce que j'ai pu reconnaître une rupture pour les tailles adultes respectives. Mais est-ce réellement un argument suffisant ? (...) »

    R. Enay

« ... et il pourrait être intéressant de faire une étude comparative des populations régionales pour en dégager les caractéristiques propres à chacune »

En fait, il semble que, sur ce domaine, il y ait du travail pour plusieurs générations de paléontologues... et d'amateurs collectionneurs de fossiles aussi, pour peu que l'accès au contenu des publications spécialisées ou à leurs bases de données soit plus facile (voir la page d'accueil ou la page pour collectionneurs).

Un grand merci tout de même pour les chercheurs eux-mêmes, et pas seulement pour leur travail minutieux et humble, car ils font souvent preuve d'une grande gentillesse par l'attention qu'ils accordent aux amateurs collectionneurs, en leur faisant parvenir ces articles introuvables, visiter des collections inaccessibles au public ou en leur répondant à des questions, comme ci-dessus. Sans eux, ce site n'aurait pu se faire et ne pourrait se développer. Sans eux il n'y aurait pas de paléontologie non plus...

Il y a nécessité d'approfondir l'étude de ce groupe en effectuant un inventaire systématique des périsphinctidés de l'Oxfordien moyen et supérieur de la côte (grâce à quelques collectionneurs locaux, merci à eux pour leur gentillesse), d'autant que cette région offre des spécimens d'une conservation extraordinaire.

Côtes secondaires (d'après Hantzpergue)

1 : côte simple ; 2 : côte intercalaire ; 3 : côte intercalaire bifurquée.
Divisions monoschizotomes 4 : bifurcation symétrique ; 5 : bifurcation dissymétrique ;
6 : division basse ; 7 : trifurcation symétrique ;
8 : trifurcation dissymétrique ; 12 : fasciculée
Divisions dischizostomes : 9-10 :
polygirate ; 11 : polyplocloïde
13 : côtes alternées (sur le ventre).

Section

1 : ovalaire ; 2 : subrectangulaire ; 3 : subquadrangulaire ; 4 : subtriangulaire ;
5 : subquadrangulaire surbaissée ; 6 : surbaissée ; 7 : semi-circulaire ;
8 : subquadratique ; 9 : subtrapézoïdale ; 10 : subcirculaire.

1 : suture ombilicale
2 : rebord ombilical
3 : flanc
4 : aire latéro-ventrale
5 : ventre
Rebords ombilicaux
a : normal
b : sous-cavé
c : déclive formant un méplat
d : ombilic en gradins
e : ombilic cratéiforme

Voir aussi à la page « ammonites » la partie consacrée à la terminologie.

La présentation des principaux sous-genres n'est pas encore tout à fait terminée, cependant les premières pages sont déjà disponibles :

  • Sous-genres macroconques de l'oolithe de Trouville :
  • Sous-genres microconques de l'oolithe de Trouville :
  • Et plus tard, la suite de Perisphinctes jusqu'à la base du Kimméridgien.

    EN CHANTIER

    Dès que possible ­ et surtout dès que des hébergements ou opportunités s'offriront pour de l'espace disque supplémentaire ­ une partie de ce site sera consacrée à ce recensement, qui, je l'espère, bénéficiera de l'interactivité de cette nouvelle technologie de communication et d'information.

    En haut à gauche, Perisphinctes uptonensis des calcaires gréseux d'Hennequeville
    A droite, Arisphinctes cotuvei, de l'oololithe ferrugineuse de Trouville.
    En bas, Kranaosphinctes sp. (sous réserve...) de l'oolithe de Trouville (Bennerville)
    Collection G.


    Suite des perisphinctacés : aulcostéphanidés.


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