Périsphinctacés

[Les ammonites]

Généralités

Les premiers représentants de la super-famille des périsphinctacés sont apparus en Europe au Jurassique moyen, au Bajocien, et ont disparu à la fin du Crétacé inférieur. Il s'agit d'un groupe touffu, sujet à de nombreux remaniements dans la nomenclature. La filiation avec des groupes plus anciens est encore obscure, mais il se pourrait que, comme pour d'autres groupes considérés avant comme « cryptogènes » (d'origine inconnue), il faille chercher les premiers représentants loin de nos contrées, vers Madagascar (si quelqu'un a de la documentation sur le sujet pour compléter ce site sur ce point, voir page pour collectionneurs). C'est une famille venant de l'ancienne mer Thetys, au sud.

Généralement avec les tours assez déroulés, évolutes (coquille « serpenticone »), c'est-à-dire que la croissance de l'animal se faisait davantage par déroulement de la coquille que par la croissance, en épaisseur et/ou en hauteur, de la section du tour ; cependant, c'est loin d'être une règle générale.

Six familles (ou sous-familles) d'ammonites présentes sur la Côte fleurie appartiennent à cette superfamille :

  • Grossouvriinés
  • Pachycératidés
  • Peltocératinés et aspidocératinés
  • Périsphinctidés
  • Aulacostéphanidés
  • Nota : le Jurassique de la Côte fleuri offre l'avantage de présenter un domaine où les faunes d'origne méridionale, comme les oppéléidés et les perisphinctacés en général, se recouvrent avec celles d'origine sub-boréale, comme les kosmocératidés, ou même boréale, comme les cardiocératidés.


    Grossouvriinés

    Orinoides (Poculisphinctes) poculum (LECKENBY)

    Au Callovien terminal subsistent encore les derniers représentants d'un groupe fort présent dès le Bathonien, les grossouvriinés, avec l'espèceOrionoides poculum, présente dans les argiles de Dives (appelée encore Grossouvria par Arkell ou Poculisphinctes ailleurs). W. J. Arkell cite en plus de cette variété, à propos de la faune de Villers, G. auriculare (Buckman), trina (Buck.) et binata (Leckenby) dans HI-H3, mais dans H4 ne retient que poculum. Sur la carrière de Woodham, il décrit en plus l'espèce G. miranda. Mais toutes ces observations ont été effectuées sur de tout petits nucléus, et les différences relevées appartiennent sans doute à une vrariabilité « normale » pour ce groupe, d'autant plus que celle-ci se réduit fortement juste avant la disparition de cette famille.

    Mon exemplaire n'est pas très bien conservé (diam. : 5,7 cm), mais on peut en observer en attendant (des photos d'autres exemplaires doivent bientôt être prises) de bien plus beaux soit au musée paléontologique de Villers-sur-Mer, soit au Musée de la mer et du désert à Villerville.


    Pachycératidés

    Généralités

    Longtemps rangés dans la super-famille des stéphanocératacés, aux côtés des cardiocératidés ou des kosmocératidés, les pachycératidés ont été récemment classés parmi les perisphinctacés. Encore une révision déchirante ! Ils apparaissent avec le genre Erymnoceras, qui marque la fin du Callovien moyen.


    Pachyceras lalandeanum (D'ORBIGNY)

    Diamètre : 9 cm

    Morphe crassum

    Argiles de Dives, Villers-sur-Mer

    Collection Big DD

    Cette espèce aussi connaît une forte variabilité dans son épaisseur, si bien que l'on avait défini plusieurs morphotypes en fonction de ce critère. Sur un certain niveau des argiles de Dives (H2), les Pachyceras sont empilés les uns sur les autres. Malheureusement pour les collectionneurs, ils ne sont pas pyrités, seulement argileux. On peut les voir, avec une surface nacrée, mais, à la première vague ou au premier toucher, le fossile redevient de l'argile. On parle alors de « fantôme ». Les formes macro et microconques sont connues.


    Pachyceras radiatus (DOUVILLÉ)

    Diamètre : 2,4 cm

    Bennerville

    Collection Big DD

    Sans doute argiles de Villers

    Robert Douvillé, dans son étude sur les cardiocératidés de Villers-sur-Mer (voir bibliographie), signale une petite ammonite qu'il classe dans le genre Pachyceras et nomme radiatus. Cependant, il ne connaît qu'un seul exemplaire à l'époque. J'en ai retrouvé un identique à sa figuration à Bennerville. Il se caractérise par des côtes principales fortes et tranchantes sur la moitié des flancs et par des côtes secondaires, libres ou issues de bi ou trifurcations des côtes principales, et passant droit sur le ventre sans s'atténuer. Sur cette dernière caractéristique, j'ai remarqué une autre petite ammonite, mais ses côtes principales sont beaucoup faibles faibles que le P. radiatus (DOUV.), de la même force des côtes secondaires, et semble malgré cela appartenir au genre Quenstedtoceras.


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