Page 3

Cardiocératidés de la zone à Q. mariae

Quenstedtoceras-Scarburgiceras

Quenstedtoceras mariae (D'ORBIGNY)
et Scarburgiceras scarburgense (YOUNG & BIRD)

Une espèce classique de la paléontologie, facilement reconnaissable malgré une forte variabilité des formes, et son lot de morphotypes jadis élevés au rang d'espèces, qui a donné son nom à toute la base de l'Oxfordien, même si elle ne se rencontre que dans la première partie (sous-zone à S. scarburgense), et qui pourtant a posé (et pose sans doute encore) de nombreux problèmes. La plupart se sont avérés être en fait des formes microconques (des mâles), mais toujours accompagnés d'un Quenstedtoceras tardif, le Scarburgiceras scarburgense, qui lui s'est révélé être dans la majorité des cas une forme macroconques. De là, il a été déduit que ces deux espèces des plus classiques formaient en fait un couple d'une même espèce au sens biologique du terme (in Révision critique de la Paléontologie française, D. Marchand).

Ammonite mariae, Paléontologie française (Alcide d'Orbigny)

A gauche, le type tel que figuré par d'Orbigny ; l'exemplaire original est conservé au Museum national d'histoire naturelle de Paris (coll. d'Orb.) et vient de Villers-sur-Mer. A droite, un exemplaire plus petit (disparu), fort semblable à ceux que l'on peut trouver à Bennerville ou entre Villers et Houlgate, au bas de la falaise.

A gauche, Quenstedtoceras mariae(diam. : 4,3 cm. La flèche indique le début de la loge d'habitation, il s'agit d'une forme microconque (mâle) adulte.

A droite, Scarburgiceras scarburgense(diam. : 5,7 cm.)

A droite, le spécimen que j'ai identifié comme Scarburgiceras scarburgense par son ventre et son ornementation dans les tours jeunes, jusqu'au début du dernier tour visible (premier quart), mais qui, contrairement au lamberti, voit ses côtes forcir avec la croissance, pour adopter l'ornementation mariae du type figuré par d'Orbigny. Cet exemplaire, entièrement cloisonné (seulement le nucléus), est manifestement un macroconque (femelle), ce qui tendrait à prouver que ces deux « espèces », mariae et scarburgense (et les deux « genres » qui leur sont liés) sont en fait les deux sexes d'une même espèce au sens biologique du terme. Notons, sur l'exemplaire de droite, en plus de la section pentagonale déjà observée sur le microconque praelamberti-lamberti, la vigueur des côtes, qui se projettent légèrement vers l'avant en formant un angle, à partir d'un point de bifurcation un peu surélevé, autant de caractères encore absents sur la forme macroconque attribuée mais qui seront la règle avec les Cardioceras des étages sus-jacents.

Scarburgiceras scarburgense

Généralement, des Scarburgiceras scarburgense, il ne reste que les nucléus (ci-contre en haut, diam. : 3,9 cm), qui dans les tours jeunes ressemblent au Q. lamberti adulte, avec un pincement assez tôt du ventre et une costulation plus régulière que ceux des nucléus de même taille situés en dessous (que Victor Maire avait rassemblés sous le morphotype générique Q. flexicostatum).

A ce stade de croissance, on distingue parfois le morphotype normandiana, caractérisé par ses côtes proverses (formant un angle en s'inclinant fortement sur l'avant avant de franchir le ventre en formant un chevron marqué) à partir du point de bifurcation, qu'il ne faut pas confondre avec le Scarburgiceras normandiana St. s. (voir ci-dessous), situé à la limite entre la sous-zone à S. scarburgense et celle à Cardioceras praecordatum, caractérisé par la crête que forment les côtes sur le ventre, annonçant la carène cordée des Cardioceras stricto sensu.

:-( L'exemplaire à gauche en bas de Scarburgiceras normandiana St. s. ne vient pas de la région normande mais du Jura, de la base des marnes à Creniceras renggeri de la marnière d'Arc-sous-Montenot, en l'attente de confirmation pour des exemplaires récoltés à Bennerville. Néanmoins, certains exemplairesvenant du sommet des argiles de Villers figurés par R. Douvillé (voir bibliographie) sous le nom de Cardioceras praecordatum appartiennent en réalité à cette espèce, un « pré-praecordatum » en sorte. Diamètre : 3,1 cm. Collection Big DD.

Dans le groupe des Quenstedtoceras mariae, il existe aussi de nombreux morphotypes, dont les caractéristiques récurrentes de certains peuvent faire douter qu'il ne s'agisse que de « variants ». Les deux nucléus de gauche (grandeur nature) s'opposent par la densité des côtes, celui du milieu a été nommé woodhamse par W.J. Arkell (diam. : 3 cm).

Enfin, l'exemplaire en bas (diam. : 4,7 cm).est difficile à rattacher avec exactitude par le mélange des différents critères retenus : morphe mince avec des côtes fortes des mariae et ombilic ouvert type des microconques lamberti (morphe mince), mais est sans doute malgré tout un macroconque en raison de sa taille (exemplaire entièrement cloisonné,). Il s'agit en outre d'un morphe récurrent à Bennerville.

Dans la vision évolutive de l'espèce (une page en préparation), on a peut-être tendance à négliger l'hypothèse de l'existence d'espèces temporelles, issues de ce groupe mais s'étant individualisées, même si elles n'ont pas laissé de descendance pour qu'on puisse, comme avec la lignée des Cardioceras, les suivre plus haut.

Souhaitons que le caractère interactif du Web apporte vite une lumière sur ce point (comme sur tant d'autres...). D'autant qu'une autre question se pose, celui du sexe ratio : les microconques sont très rares dans les argiles de Dives ; dans les argiles de Villers, leur nombre s'équilibre curieusement (normalement ?) avec celui des macroconques S. scarburgense, pour redevenir très rares (mêmes proportions) dans la zone à C. Bukowskii de l'oolithe de Villers ou dans la zone à P. plicatilis de l'oolithe de Trouville. Comment expliquer cette « anomalie » ?

Page suivante sur les cardiocératidés

Page précédente sur les cardiocératidés

[Généralités sur les cardiocératidés]


[Retour en haut de page - Page d'accueil]