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Cardiocératidés
de la zone à Q. lamberti
Callovien supérieur
Quenstedtoceras
Quenstedtoceras massiaeni
Quenstedtoceras henrici
Quenstedtoceras praelamberti et lamberti
Quenstedtoceras paucicostatum
Quenstedtoceras messiaeni (MARCHAND-RAYNAUD)
C'est la forme la plus ancienne des cardiocératidés sur
la côte. La costulation est régulière, les côtes
sont de force égale et émoussées, le ventre est rond.
Mais ce qui caractérise le plus cette espèce est le rebord
ombilical, qui redescend progressivement sur l'ombilic sans marquer d'angle.
C'est le premier représentant du genre Quenstedtoceras, identifié
récemment par Marchand et Raynaud (voir
bibliographie) à partir d'échantillons de Villers-sur-Mer.
On ne le rencontre qu'à l'extrême base des marnes
de Dives (H0), quand elles sont visibles, ou exceptionnellement à
Bennerville,
au gré des éboulements ou des ensablements.
Quenstedtoceras henrici (DOUVILLÉ)
Cette espèce fait suite, dans l'évolution, à la
précédente. Cette dernière a été distinguée
de sa forme suivante, Q. praelamberti-lamberti, sur
le critère du ventre arrondi jusqu'à une taille assez importante,
toujours à partir de spécimens de Villers-sur-Mer. Il en
existe cependant de nombreux morphotypes, considérés il y
a peu comme autant d'espèces différentes, même si déjà
Robert
Douvillé avait défini ces caractères comme étant
purement morphologiques mais n'étant pas déterminants pour
justifier la création d'espèces individualisées. On
peut retenir le morphotype brasilii, à côtes très
serrées et un ventre déjà tranchant, ou la forme épaisse,
presque en forme de boule, Q. carinatum, pour lequel
le genre Euaboriceras avait été créé
jadis.
Ci-dessous, d'autres formes typiques de Quenstedtoceras henrici.

A gauche (diam. : 5 cm), une
forme mutant déjà vers le praelamberti. Au centre
(diam. : 3,4 cm), un exemplaire en tous points
semblable à celui que figure Robert Douvillé dans son étude
sur les cardiocératidés de Villers (planche IV
; fig. 30). A droite (diam. : 3
cm), Q. aff. sutherlandia, un morphe plus épais.
Dès que de l'espace disque supplémentaire aura été
trouvé, les formes épaisses seront abordées pour l'ensemble
des cardiocératidés, avec des planches de morphotypes où
l'on pourra apprécier les « intermédiaires »
et discuter la variabilité de l'espèce (voir la page
d'accueil du site ou la page
pour collectionneurs).
Présent sur les
bancs H1 et H2 à Villers-sur-Mer,
ou au gré des éboulements à Bennerville.
Quenstedtoceras praelamberti (DOUVILLÉ)
et Quenstedtoceras lamberti (SOWERBY)
Ces deux espèces sont parfois assez difficiles à distinguer
car elles répondent plus sur une définition fondée
sur la chronologie de l'évolution de l'espèce, une époque
où un morphotype est dominant par rapport à un autre, que
sur des notions morphologiques. En fait, les epèces messiaeni,
henrici, praelambert, lamberti, et après
mariae-scarburgense
ne sont que les étapes de l'évolution d'une même espèce.
Mais où s'arrête l'une et où commence l'autre
? Il y aura toujours une certaine subjectivité dans les déterminations.
Pris isolément, un échantillon, surtout s'il s'agit d'un
petit nucléus, aux caractères aussi variables que non significatifs,
restera toujours difficile à indentifier, d'autant que les intermédiaires
sont nombreux entre chacune des formes, henrici-praelamberti et
praelamberti-lamberti, et les formes coexistent un moment, comme
l'exemplaire identifié lamberti ci-dessous
au centre, de par sa morphologie, qui a été prélevé
sur H3, en compagnie de praelamberti, typiques eux aussi.
Quenstedtoceras praelamberti
En
haut à gauche, macroconque
(M) (femelle) (diam. : 15 cm).
En bas à gauche, microconque
(m) (mâle) (diam. : 5 cm.). La flèche
indique le début de la loge d'habitation.
Marnes
de Dives. Villers-sur-Mer,
H3. Collection Big DD.
La différence principale concernant l'ornementation est que le
praelamberti a les côtes principales de la même épaisseur
que les côtes secondaires, alors que le lamberti les a nettement
plus fortes. Ce dernier a également un ombilic plus ouvert et un
ventre tranchant jusqu'au bout de la croissance (sur les morphes minces),
alors que le praelamberti verra son ventre s'arrondir à la
fin de la croissance. Ces deux différences sont très nettes
sur les deux macroconques
figurés ici, en haut (praelamberti) et en bas (lamberti).
Quenstedtoceras lamberti

A gauche, macroconque
presque complet (diam. : 12 cm) ; au centre,
nucléus macroconque
(diam. : 7,6 cm), voir à son propos ci-dessus)
; à droite, autre nucléus typique (diam. :
5,5 cm)
Marnes
de Dives, Villers-sur-Mer,
H4 , H3 et H4.
Collection Big DD.
Pour simplifier, on considère que, sur H1, il ne s'agit que d'henrici
; sur H2, même si certains morphotypes henrici
(surtout brasilii) subsistent, et surtout H3, on a affaire essentiellement
à des praelamberti, même si certains morphes ont déjà
acquis les caractères du lamberti. Sur H4,
la « couche savonneuse », il
n'y a plus que les lamberti, se prolongeant, paraît-il, sur
H5.
On retrouve toujours les trois morphes, minces, moyens et épais.
Dès que de l'espace disque supplémentaire
aura été trouvé,
les formes épaisses et moyennes
seront abordées
Quenstedtoceras (Cardioceras) paucicostatum (LANGE)
Lors de l'étude d'une coupe en Allemagne du Nord, en 1973 (Schleptruger,
région d'Osnabrück), le paléontologue Lange se retrouva
avec un lot de Quenstedtoceras d'une forme particulière,
prélevé à la limite zone à Q.
lamberti espèce encore présente
dans le premier niveau où ce morphotype apparaît
et de la zone à Q.
mariae (ces deux formes coexistent en effet au tout début
de la sous-zone à Scarburgiceras scarburgense, avec la disparition
des kosmocératidés)
: côtes primaires et secondaires de même force, division
basse des côtes secondaires, souvent grossières et vigoureuses
(un « air » de mariae), côtes nettement
proverses sur certains spécimens et absence de carène sur
le ventre.
Après que des morphes identiques eurent été trouvés
au même niveau sur d'autres coupes (coupe de La Bascule
dans les Ardennes, coupe de La Guerche à la limite
de la Nièvre et du Cher, ou encore dans les Alpes-Maritimes), Didier
Marchand proposa à la fin des années 70 un nouvel
horizon (voir
bibliographie), l'horizon à Cardioceras (Quenstedtoceras)
paucicostatum (LANGE). Doit-on l'appeler Cardioceras,
comme son auteur Lange ? Ou bien Quenstedtoceras, en
référence à la fois au lamberti et au Q.
mariae, se situant entre les deux ? Ou encore Scarburgiceras
(ou les deux en fonction du sexe) ?
Enfin, doit-on ranger cet horizon dans le Callovien terminal ou dans
l'Oxfordien basal ?
Etant donné l'impossibilité actuelle d'observer en place
le contact Callovien-Oxfordien du moins pour l'amateur
, cet horizon n'a pu, à ma connaissance, être
formellement mis en évidence sur la côte. Néanmoins,
voici deux spécimens trouvés à Bennerville
que l'on peut rattacher à cette définition.

Diamètre : 2,4 cm et 3,5 cm ;
Bennerville.
Collection Big DD.
Concernant ceux-ci, voici la remarque que m'a fait parvenir M.
Didier Marchand (voir bibliographie)
:
« Pour paucicostatum, je pense que vos deux spécimens
sont déjà des C. scarburgense (section plus renflée
que chez paucicostatum). Mais sur deux exemplaires, sans faune associée,
c'est un peu dangereux ... »
C'est bien le problème de Bennerville, que de pouvoir définir
une faune associée, les niveaux, et les ammonites, étant
mélangés. C'est « dangereux » dans
tous les cas de figure... Le spécimen de droite est néanmoins
très plat.
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