Super-famille des stéphanocératacés

Les premiers représentants de ce groupe apparaissent au Jurassique moyen (Bajocien), étage absent sur cette partie de la côte mais visible à côté de Port-en-Bessin (falaise des Hachettes, site protégé) ou dans la campagne de Caen et de Bayeux. Très touffu (12 familles et 116 genres d'après Thomel, mais cela varie au gré des révisions...), ce groupe sera très présent durant tout le Jurassique moyen. Cependant, il ne sera plus représenté que par les Cardiocératidés à l'entrée du Jurassique supérieur (Oxfordien), puis disparaîtra totalement, sans laisser de descendance, à la fin du Kimméridgien.


Sommaire

  • Cardiocératidés :
  • Kosmocératidés

  • Cardiocératidés

    Généralités sur les cardiocératidés

    A la fin du Bajocien (milieu du Jurassique moyen), le domaine marin boréal, correspondant à l'Artique actuel, se retrouve isolé du reste de mers, et avec lui sa faune, dont une espèce d'ammonite, les Sphaeroceras, qui évoluera indépendamment du reste des autres ammonites, dans un environnement tout à fait particulier, jusqu'à ce que ce domaine s'ouvre à nouveau vers les domaines marins plus méridionaux, permettant ainsi à ce groupe de redescendre sous leurs nouvelles formes : les Cardiocératidés.

    D'abord rares au Callovien sous le genre Cadoceras, sauf en Russie (ci-contre en haut), les cardiocératidés deviennent plus fréquents à la fin de cet étage en Angleterre, avec le genre Pseudocadoceras, puis très abondants avec l'apparition du genre Quenstedtoceras au sommet de cet étage et au début du suivant, l'Oxfordien, puis avec les genres Scarburgiceras et Cardioceras, et de nouveau rares avec le genre Amoeboceras, avant que ce phylum s'éteigne au Kimméridgien supérieur. A noter que le genre antique Cadoceras survivra en tant que tel jusqu'au début de l'Oxfordien dans son domaine boréal d'origine, ce qui ouvre beaucoup d'interprétations quant au processus d'évolution de ce tronc d'ammonites, au fur et à mesure qu'il occupera des niches écologiques nouvelles aux limites méridionales de sa colonisation.
    En haut : Cadoceras de Russie
    En bas, Pseudocadoceras du Dorset (Angleterre)
    Collection Big DD

    Marqué par une forte variabilité des formes entre individus (« polymorphisme intra-spécifique »), ce groupe a donné lieu à de nombreuses interprétations pour la définition des genres et sous-genres. En effet, suivant les auteurs et les époques, les genres ou les espèces se multiplient, ou se réduisent, et avec toutes ces références croisées et souvent contradictoires, l'amateur peut vite se retrouver perdu. Nous retiendrons les dernières définitions en vigueur, celles établies par Didier Marchand, pour la France, et J.H. Callomon, pour l'Angleterre. Ce qui n'exclut pas la discussion.

    Ces derniers ramènent l'ensemble des genres, sous-genres et espèces des « anciens » à une seule espèce, selon la définition moderne du terme, mais avec trois morphotypes différents, se distinguant par l'épaisseur de la coquille, avec une rupture statistique, qui se suivront au fil des horizons, zones et même étages. L'hypothèse actuellement défendue est celle de trois niches écologiques différentes, entre autres par la profondeur, donc par la pression que doit subir la coquille, laquelle doit devenir en conséquence plus sphérique pour y résister. Une page de conclusion est en préparation.


    Genre Quenstedtoceras

    Le type du Quenstedtoceras de Sowerby, tel que figuré par Buckman, puis par Frédéric Roman (illustration ci-contre) et, enfin, dans le « Moore » (voir bibliographie), est le Quenstedtoceras lamberti, pour lequel on utilisait parfois le genre Lamberticeras. On a d'abord regroupé derrière l'Ammonite lamberti de Sowerby tous les Quenstedtoceras de morphe mince, comme le figure d'Orbigny par exemple (ci-contre en bas). En 1912, Robert Douvillé effectue une révision du genre à partir de la faune de Villers-sur-Mer et remarque que le « type » ne se rencontre qu'au sommet des marnes de Dives, et crée les espèces henrici (en hommage à son père), à la base, et praelamberti entre les deux. Cette première division chronostratigraphique de l'espèce est encore largement en vigueur aujourd'hui ; il lui a cependant été rajouté dernièrement l'espèce messiaeni (MARCHAND-RAYNAUD), plus à la base, et Q. (Cardioceras) paucicostatum (LANGE) au-dessus, à la limite Callovien-Oxfordien.

    Pages des espèces :
    Première partie : Callovien (page 2)
    [Q. messiaeni ; Q. henrici ; Q. praelamberti et Q. lamberti ; Q. paucicostatum]
    Seconde partie : Oxfordien (zone à mariae) (page 3)
    [Q. mariae et Scarburgiceras]


    Genre Cardioceras

    Le type du Cardioceras est le Cardioceras cordatum (en frontispice de cette page à gauche). Mais les différentes représentations de d'Orbigny sous le nom d'Ammonite cordatus viennent de niveaux différents et englobent indifféremment Cardioceras cordatum stricto sensu, Cardioceras bukowskii et Cardioceras excavatum, ces deux dernières espèces sont présentes sur la côte.

    Ce genre fait directement suite aux Quenstedtoceras, mais ses représentants ont la particularité d'avoir une carène évoquant une corde par sa forme. La transition se fait par les Scarburgiceras-Quenstedtoceras mariae, passant progressivement à Cardioceras (Protocardioceras ou Anancardioceras) praecordatum. Encore une espèce que l'on doit à Robert Douvillé.


    En préparation pour cette page, une « conclusion » sur l'évolution des cardiocératidés.

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