Les premiers représentants de ce groupe apparaissent au Jurassique
moyen (Bajocien), étage absent sur cette partie de la côte
mais visible à côté de Port-en-Bessin (falaise des
Hachettes, site protégé) ou dans la campagne de Caen et de
Bayeux. Très touffu
Cardiocératidés
A la fin du Bajocien (milieu du Jurassique moyen), le domaine marin
boréal, correspondant à l'Artique actuel, se retrouve isolé
du reste de mers, et avec lui sa faune, dont une espèce d'ammonite,
les Sphaeroceras, qui évoluera indépendamment du reste
des autres ammonites, dans un environnement tout à fait particulier,
jusqu'à ce que ce domaine s'ouvre à nouveau vers les domaines
marins plus méridionaux, permettant ainsi à ce groupe de
redescendre sous leurs nouvelles
| D'abord rares au Callovien sous le genre Cadoceras, sauf en Russie (ci-contre en haut), les cardiocératidés deviennent plus fréquents à la fin de cet étage en Angleterre, avec le genre Pseudocadoceras, puis très abondants avec l'apparition du genre Quenstedtoceras au sommet de cet étage et au début du suivant, l'Oxfordien, puis avec les genres Scarburgiceras et Cardioceras, et de nouveau rares avec le genre Amoeboceras, avant que ce phylum s'éteigne au Kimméridgien supérieur. A noter que le genre antique Cadoceras survivra en tant que tel jusqu'au début de l'Oxfordien dans son domaine boréal d'origine, ce qui ouvre beaucoup d'interprétations quant au processus d'évolution de ce tronc d'ammonites, au fur et à mesure qu'il occupera des niches écologiques nouvelles aux limites méridionales de sa colonisation. | ![]() En haut : Cadoceras de Russie En bas, Pseudocadoceras du Dorset (Angleterre) Collection Big DD |
Marqué par une forte variabilité des formes entre individus
Ces derniers ramènent l'ensemble des genres, sous-genres et espèces
des
|
|
Le type du Quenstedtoceras de Sowerby, tel que figuré
par Buckman, puis par Frédéric Roman (illustration ci-contre)
et, enfin, dans le |
Pages des espèces :
Première partie : Callovien (page 2)
[Q. messiaeni ; Q.
henrici ; Q. praelamberti
et Q. lamberti ; Q.
paucicostatum]
Seconde partie : Oxfordien (zone à mariae)
(page 3)
[Q. mariae et Scarburgiceras]
Le type du Cardioceras est le Cardioceras cordatum (en frontispice de cette page à gauche). Mais les différentes représentations de d'Orbigny sous le nom d'Ammonite cordatus viennent de niveaux différents et englobent indifféremment Cardioceras cordatum stricto sensu, Cardioceras bukowskii et Cardioceras excavatum, ces deux dernières espèces sont présentes sur la côte.
Ce genre fait directement suite aux Quenstedtoceras, mais ses représentants ont la particularité d'avoir une carène évoquant une corde par sa forme. La transition se fait par les Scarburgiceras-Quenstedtoceras mariae, passant progressivement à Cardioceras (Protocardioceras ou Anancardioceras) praecordatum. Encore une espèce que l'on doit à Robert Douvillé.